Une
publication de Rehabilitation InternationalE en collaboration avec
l’Unicef sur les enfants handicapés.
Une décénie Africaine de
personnes handicapées……… 2
Séropositivité/SIDA et les
handicaps …….………………5
Briser le silence sur la
séropositivité……………………...7
Enquête globale séropositivité/SIDA………………….…..8
Passer le message aux
enfants par l’éducation……………9
Education: le cas de
l’Ouganda……………………………10
Faire participer les
enfants en Afrique du Sud…………..11
Travailler en
Ethiopie………………………………………14
Lumières sur Loide
Hango…………………………………16
Lumières sur Charles
Boakye………………………………16
Faire entendre les voix
des femmes et des jeunes………….17
Compte rendu de
films………………………………………17
Les femmes et les petites
filles en Namibie…………………18
Ressources…………………………………………………….19
Note de
l’éditeur: Cette année marque le
point médian de la décénie africaine des personnes handicapées (1999-2009) et
c’est pourquoi nous consacrons ce volume d’Un sur Dix aux problèmes
des enfants handicapés sur tout le continent africain. Shuaib Chalklen, Directeur du Secrétariat pour
la Décénie Africaine déclare que “l’objectif principal de la
décénie est la pleine participation, l’égalité, et l’indépendance
des personnes handicapées en Afrique.”
C’est à ces fins que les problèmes de la pauvreté, de
l’éducation et de l’emploi ainsi que la prise de conscience de la
séropositivité et du SIDA parmi les personnes handicapées doivent être
abordés. Dans ce numéro, Nora Groce
décrit le manque d’attention portée aux risques de séropositivité et de
SIDA pour les personnes handicapées. Alexia
Ncube explique comment les femmes et les petites filles handicapées se
défendent contre ces risques en Namibie, et Phitalis Were Masakhwe réfléchit à
ce que la décénie africaine pour les personnes handicapées peut accomplir. Enfin, comme il est déclaré dans un des
articles sur l’education, “il est temps de répondre aux enfants
handicapés.”
PAGE 2
Entretien avec Shuaib Chalklen, Directeur du
Secrétariat pour la Décénie Africaine des Personnes Handicapées par Michele
Morgan, Coordinatrice de Programmes, R.I.
La Décénie Africaine des
Personnes Handicapées (1999-2009) est le résultat d’une recommandation
faite par la Commission du Travail et des Affaires Sociales de
l’Organization pour l’Unité Africaine (à présent l’Union
Africaine). Pouvez-vous décrire les objectifs de la Décénie Africaine?
La Décénie Africaine fut
créée à l’initiative de l’Union Africaine et soutenue par les
Organisations des Personnes Handicapées d’Afrique (OPH). L’objectif principal de la Décénie fut
de développer et de renforcer les organisations des personnes handicapées afin
qu’elles puissent travailler en collaboration avec les gouvernements pour
promouvoir l’égalité des chances pour les personnes handicapées au niveau
local, national, régional et continental.
L’objectif final de la Décénie est la pleine participation,
l’égalité et l’indépendance des personnes handicapées
d’Afrique.
Les objectifs plus
spécifiques de la Décénie sont mentionnés en détail dans le Plan d’Action
Continental pour la Décénie Africaine des Personnes Handicapées. Ces objectifs comprennent: la formulation et
la mise en oeuvre de politiques nationales, de programmes et de processus
législatifs pour promouvoir la pleine et égale participation des personnes
handicapées; la participation des personnes handicapées dans le processus de
développement économique et social;
l’auto-représentation des personnes handicapées dans toutes les
structures publiques de prises de décision;
des services améliorés d’assistance pour les personnes
handicapées; des mesures spéciales pour les enfants, les jeunes, les femmes et
les personnes agées handicapées, l’accès garanti et rendu plus aisé à la
réhabilitation, à l’éducation,à la formation, à l’emploi, aux
sports et à l’infrastructure culturelle, ainsi qu’à
l’environnement physique; la prévention des handicaps; la promotion et la
protection des droits des handicapés en tant que droits humains; le
développement et le renforcement des OPH; la mobilisation des ressources; et la
promotion de programmes qui améliorent la prise de conscience des handicaps.
Pouvez vous nous parler un peu de votre bureau et
du rôle que joue le secrétariat?
Le secrétariat de la
Décénie Africaine des Personnes Handicapées est basée à
Plus particulièrement, la
raison d’être de notre bureau est de rendre les OPH plus à mème de
réaliser leurs projets, d’aider la formation des politiques
d’action et de promouvoir le partage des connaissances parmi les OPH et
les gouvernements, d’améliorer les compétences de direction parmi les
OPH, et de promouvoir une forte prise de conscience des problèmes liés aux
disparités sexuelles.
Quels sont les obstacles majeurs auxquels se heurte
la Décénie Africaine?
Les obstacles majeurs sont
le manque de ressources—financières et humaines. La Décénie Africaine a connu des débuts
difficiles dûs en grande partie au manque d’argent. Les subventions dont elle dispose à présent
proviennent principalement des agences suédoises et danoises.
Commentaire Photo: Shuaib Chalklen au Groupe de Travail pour une
Convention des Handicaps, Nations Unies, Janvier 2004.
(Suite à la page suivante)
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Cette année marque la cinquième année de la DécénieAafricaine. Qu’est ce que vous espérez accomplir
dans les années qui viennent?
Nous espérons accomplir
une forte intégration des OPH aux niveaux continental, régional, national et
local, et influencer les gouvernements nationaux pour ce qui concernent les
allocations de ressources.
Quel impact est-ce-qu’une Convention des
Droits des Personnes Handicapées aura sur la Décénie Africaine?
La Convention est un
instrument vital pour renforcer les capacités d’action des personnes
handicapées. Elle aide les gens à
comprendre l’environnement légal dans lequel peuvent s’exercer les
droits des handicapés et les droits humains.
De plus, les personnes handicapées peuvent ainsi jouer un rôle clef dans
la rédaction de la Convention. Une
Convention des Droits des Personnes Handicapées offrira un programme
d’action au sein des nations et entre les nations, qui sera utile au
Secrétariat et aux nombreuses personnes qui travaillent à mettre en oeuvre les
objectifs de la Décénie Africaine des Personnes Handicapées.
La Conférence Nationale du Kenya sur les Handicaps:
un tournant pour les personnes handicapées?
Par Phitalis Were Masakhewe
En Janvier, le Kenya a
recu la première Conférence Nationale sur la Décénie Africaine des Personnes
Handicapées, 1999-2009. Malgré un
développement tardif, cette conférence devrait annoncer une nouvelle ère pour
les personnes handicapées. Est-ce
qu’elle sera en mesure de faire cela?
Et tout d’abord, qu’est ce que la Décénie Africaine des
Personnes Handicapées? Quelles sont ses
origines et ses objectifs? Qu’est
ce qu’on espère de cette Décénie?
Est-ce-que ce sera une nouvelle Décénie perdue? La Décénie a ses origines dans La Décénie des
Nations Unies pour les Personnes Handicapées.
La Décénie de l’ONU
pour les Personnes Handicapées (1983-1992) fut une période pendant laquelle les
états membres des Nations Unies devaient mettre en oeuvre le Programme
d’Action Mondial pour les Personnes Handicapées. Cette Décénie a nourri bien des espoirs de la
part des personnes handicapées du monde entier.
On espérait notamment qu’après la Décénie de l’ONU, la
qualité de vie des personnes handicapées dans le monde serait améliorée et que
ces personnes feraient enfin partie des sociétés à part entière. Alors que certains états ont accompli des progrès
notables pendant la Décénie, d’autres ont laissé passer l’occasion.
Les Résultats Inégaux de
la décénie de l’ONU.
Les succès de la Décénie
de l’ONU furent plus prononcés dans l’Hémisphère Nord que partout
ailleurs. Ils ont permis aux personnes
handicapées de se rencontrer au niveau global pour dicuter de leurs problèmes
particuliers. A la suite de ces discussions des progrès dans les comportements
eurent lieu dans certaines parties du monde.
Par ailleurs, ces succès menèrent à l’articulation des Règles
Standard sur l’Egalisation des Chances pour les Personnes Handicapées,
ainsi qu’à la création de plus d’organisations de personnes
handicapées pendant cette décénie qu’à aucune autre époque, ainsi
qu’ au renforcements de celles qui existaient déjà. Enfin, ces succès menèrent à la création de
l’Institut Africain de Réhabilitation (IAR) par l’Organisation de
l’Unité Africaine.
Cependant cette Décénie
aurait pu être l’occasion de plus grand progrès. La Décénie de
l’ONU fut en grande partie, une approche globale des problèmes des
handicaps, et les solutions proposées sont restées plutôt générales et
globales, ou alors fondées sur l’idée erronée que toutes les ressources
économiques et techniques étaient disponibles partout. Les problèmes particuliers aux personnes
handicapées dans les pays en voie de développement auraient en effet dû faire
l’objet de plus d’attention.
L’expérience de la Décénie de l’ONU permit a de nombreuses
personnes de se rendre compte qu’une Décénie des personnes handicapées
dans des continents divers, dont l’Afrique, permettrait une approche
locale des problèmes des handicaps ainsi que des solutions locales.
Dans la même veine, le
Plan d’Action Continentale pour la Décénie Africaine des Personnes
Handicapées appelle les états membres de l’Union Africaine (UA) à
assimiler et à appliquer les objectifs de la Décénie. Les états membres doivent se rencontrer,
réfléchir et développer des stratégies nationales et des plans pour la Décénie. Ainsi, il était approprié que la première
Conférence Nationale du Kenya sur la Décénie, qui eut lieu du 18 au 23 Janvier
2004 à Mombasa, prit pour thème: “Kenya: Réflection et Action.”
(Suite sur la page
Suivante)
PAGE 4
Pour commencer,
l’objectif de la Décénie Africaine des Personnes Handicapées est la
pleine participation, l’égalité et l’indépendance des personnes
handicapées en Afrique. La conférence de Mombasa avait tracéles objectifs
suivants: développer et lancer le Plan d’Action de la Décénie, explorer
le statut des personnes handicapées au Kenya et articuler un plan
d’action qui corresponde objectifs de la Décénie, pour partager les
expériences de la Décénie dans les autres pays, et pour développer et mettre en
place des mécanismes appropriés à chaque cas.
La conférence organisée
par le ministère des rapport entre les sexes, des sports, de la culture et des
services sociaux, deux ONG et l’Union des Personnes Handicapées du Kenya
(UPHK) ont réuni une assemblée de réprésentants du gouvernement, acteurs dans
les organisations civiles et à base religieuse, des professionnels eminents et
des défenseurs des personnes handicapées faisant partie du domaine public,
privé, de la société civile et des médias.
Le comité national de
direction de la conférence a soigneusement choisi ce qui devait être discuté et
pris en compte dans la stratégie nationale et le plan. Les sujets inclurent une discussion sur les
instruments des droits humains internationaux
qui relèvent des personnes handicapées, du développement historique de
la Décénie Africaine, des expériences et les leçons apprises de la Décénie de
l’Asie Pacifique, de la pauvreté, du développement et des handicaps, de
la provision de services et des handicaps, du problème d’un plan
universel, de l’éducation, de la santé et de la formation, les handicaps
et les médias, les organisations des personnes handicapées dynamiques et ayant
une voix, les sexes, les parents, la vieillesse et les enfants handicapés, et
la nouvelle déclaration Kenyanne pour les personnes handicapées de 2003.
Jusqu’à maintenant
tout cela parait bien. Mais est- ce- que
cette conférence sera un tournant dans l’histoire des personnes
handicapées? Est ce que cette conférence
mènera à une renaissance du travail Kenyan pour les handicaps? Est ce qu’elle galvanisera la
conscience nationale et l’engagement vis-à-vis de la question des
personnes handicapées? En effet cela
devrait être le cas!
Un regard porté aux
domaines clef de la stratégie de rédaction et de plan pourrait être utile. Les délégués sont généralement tombés
d’accord sur les problèmes les plus importants de la Décénie du Kenya:
Il faut qu’ait lieu
un phénomène massif de prise de conscience
des enjeux de la Décénie à travers le pays. Le Ministère de l’Information et du
Tourisme, les partenaires de développement, dont certains d’entre eux
étaient représentés à cette conférence, tels que l’UNDP et USAID auront
besoin de se ré-engager moralement et matériellement pour soutenir la mise en
oeuvre non seulement de la stratégie et du plan pour la Décénie, mais aussi de
la mise en place de la nouvelle déclaration pour les kenyans handicapés de
2003.
Les délégués ont également
recommandé:
Phitalis Were Masakhwe est
un commentateur régulier sur les handicaps et le développment et peut être
contacté à Phitalisw@amrefke.org.
PAGE 5
Par Nora Ellen Groce,
Ph.D,
Réimprimé avec la
permission du Lancet, vol. 361, Avril 26, 2003, p. 1401-1402
Même si les chercheurs du
SIDA ont deja fait des études sur les effets handicapants de la séropositivité
et du SIDA sur des personnes qui avaient été en bonne santé avant de contracter
la maladie, les risques d’infection des individus ayant un handicap sensoriel,
intellectual ou mental a fait l’objet de très peu d’intérêt. On assume généralement que les individus
handicapés ne sont pas des personnes à risque.
Par ailleurs on assume également que les personnes handicapées
n’ont pas de vie sexuelle active, qu’ils sont peu susceptibles de
prendre de la drogue, et qu’elles sont moins susceptibles que les autres
de subir des violence ou d’être violées.
Cependant, des recherches de plus en plus approfondies indiquent que ces
personnes sont en fait plus exposées aux facteurs de risque de séropositivité
et de SIDA. Dans un article récent, par
exemple, S. Blumberg and W. Dickey (1) analysent les résultats du sondage de la
Santé Nationale des Etats Unis de 1999, et démontrent que les personnes adultes
ayant des problèmes de santé sont plus susceptibles d’être infectés, et
d’être testés, et qu’elles peuvent s’attendre à être testées
dans les 12 prochains mois, ce qui réprésente beaucoup plus que pour le reste
de la population.
Ces résultats en ce qui
concerne les personnes handicapées ne doivent pas surprendre. Les facteurs de risques sont élevés pour les
populations handicapées du monde entier. Par exemple, en dépit des préjugés vis
à vis de la vie sexuelle des personnes handicapées, les handicapés, et en
particulier les femmes, tendent à avoir plus de partenaires sexuels que les
femmes non-handicapées. L’extrême
pauvreté et les préjugés sociaux vis-à-vis du mariage avec les personnes
handicapées amène souvent les personnes handicapées à ne vivre que des
relations sentimentales instables. (2)
Les personnes handicapées (males et femelles) dans le monde entier sont
plus susceptibles d’être victimes de sévices sexuels et de viols que les
personnes non-handicapées. Des facteurs
tels que le niveau de vulnérabilité physique, le besoin de soins à domicile, la
vie en institution, et le préjugé presque universel qui consiste à penser que
les personnes handicapées ne sont pas des témoins fiables même lorsqu’il
s’agit d’elles mêmes, contribuent à faire des personnes handicapées
des cibles pour les prédateurs. (3, 4)
Dans les cultures dans lesquelles on croit que les personnes
séropositives peuvent se débarasser du virus en ayant des rapports sexuels avec
des vierges, il y eut une augmentation considérable des viols d’enfants
et d’adultes handicapés. Souvent
considérés comme étant vierges, les handicapés sont ciblés. (5) Dans certains pays, les parents
d’enfants intellectuellement handicapés décrivent ces viols comme étant
leur principale source d’inquiétude. Alors que la bisexualité et
l’homosexualité sont répandues dans les deux groupes, la prise de
conscience des risques de séropositivité et du SIDA ainsi que
Par ailleurs, les niveaux
d’alphabétisation pour les personnes handicapées sont exceptionnellement
bas: selon une étude l’alphabétisation des personnes handicapées est de
3% au niveau global, ce qui rend la communication des messages concernant la
séropositivité et le SIDA d’autant plus difficile. Les programmes d’éducation sexuelle
pour les handicapés sont rares,(8-10) et il n’y a pratiquement pas de
campagnes de sensibilisation aux risques de séropositivité et de SIDA qui
ciblent les populations handicapées. En
effet, là où les campagnes sur le SIDA passent à la radio et à la télévision
les handicapés ont un désavantage évident.
Encadré: Un nombre
croissant de recherches indique que les personnes handicapées sont plus
exposées pour chaque facteur de risque lié à la séropositivité et au SIDA.
Encadré: Les taux d’alphabétisation pour les
personnes handicapées sont exceptionnellement bas, ce qui rend la communication
des messages sur la séropositivité et le SIDA particulièrement difficile.
(suite page suivante)
PAGE 6
Le futur des personnes
handicapées séropositives est particulièrement sombre. Alors qu’on sait peu de choses sur
l’accès aux soins pour les personnes séropositives ainsi que pour les
personnes atteintes du SIDA, les citoyens handicapés ont généralement accès à
moins de services de santé que les autres. (12, 13) En effet, les soins sont souvent trop chers
pour les personnes handicapées, souvent pauvres; par ailleurs, ils leurs sont
parfois inaccessibles—les escalierss des cliniques sont souvent des
obstacles insurmontables pour les personnes en fauteuil roulant, et les
consultations médicales sans interprète en langage des signes sont souvent
inutiles pour la plupart des personnes non-entendantes.
Nous savons encore peu de
choses sur les rapports entre les handicaps
et séropositivité/ SIDA. Quelques
études seulement ont evalué la corelativité entre ces phénomènes, (14, 15) et
il n’existe pas encore de données de corelativité pour les populations
handicapées de l’Afrique Sub-Saharienne, de l’Asie, de
l’Europe, de l’Amérique Centrale et du Sud, ou des Caraïbes. Et pourtant, des récits toujours plus nombreux
provenant de défenseurs des personnes handicapées dans le monde entier font
remarquer les taux considérables d’infection, de maladie et de mortalité.
(16) Pendant les dix dernières années,
peu d’articles ont été publiés sur des programmes et des interventions
pilotes pour les personnes adultes handicapées intellectuellement, ou sur des
services ciblant les adolescents sourds. (17, 18) Ces projets sont souvent innovateurs, mais la
plupart sont trés limités dans leur ampleur, et disposent de peu de moyens. Le besoin de comprendre le problème
séropositivité/SIDA chez les personnes handicapées au niveau global est
réel. Il faut élaborer et mettre en
oeuvre programmes et politiques d’action d’une manière plus
cohérente et à l’échelle globale.
Environ 600 millions de personnes vivent avec un handicap, et ces personnes
sont parmi les plus pauvres, les moins éduquées, et les plus marginalisées de
la population mondiale. Ces personnes
sont à haut risque de séropositivité/SIDA et c’est sur elles que
l’attention doit se porter. En
Janvier 2003, la Banque Mondiale et l’Université de Yale ont initié une
enquête mondiale sur la séropositivité et le SIDA focalisée sur une meilleure
compréhension des relations entre les variables de l’épidémie actuelle
ainsi que sur la meilleure manière d’intervenir et et d’encourager
les efforts au niveau local.
Encadré: Le besoin de comprendre le problème
séropositivité/SIDA chez les personnes handicapées au niveau global est
réel. Il faut élaborer et mettre en
oeuvre programmes et politiques d’action d’une manière plus
cohérente et à l’échelle globale.
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PAGE 7
Rompre le silence sur la Séropositivité
“Le Sida n’a
aucun handicap!” écrit Susan Mwikali sur le sable alors qu’elle
court pieds nus sur la surface blanche de la plage de Serena à Mombasa. Elle est suivie de loin par la Première Dame
du Kenya, Madame Lucy Kibaki. Elles sont
en train de tourner le premier message publicitaire sur la séropositivité et le
SIDA.
“Chanuka!”
écrit Mwikali.
“Chanuka!”
répond la Première Dame en echo.
Elles laissent derrière
elles un long sillage de petites empreintes sur le sable. Mwikali trébuche et tombe. Lorsqu’elle essaye de l’aider à
se relever, la Première Dame trébuche et tombe aussi.
Haletantes, elles rient en
frottant le sable de leurs vêtements. La
Première Dame rit fort. Le rire de Mwikali est inaudible.
Cependant, alors
qu’elles se tiennent la main et regardent les vagues effacer leurs
empreintes, elles semblent partager le même langage: un sourire.
Mwikali, 23 ans, est
non-entendante. Elle fut la première
finaliste dans la compétition Miss Capacité du Kenya il y a deux mois, et a
récemment lancé le premier clip publicitaire sur la séropositivité et le SIDA
en langage des signes, organisé par le Secrétariat Miss Capacité du Kenya en
collaboration avec le(VCT) Service Volontaire de Conseil et de Test du Centre
pour les non-entendants de Nairobi.
Alors que les Kenyans
pensent que tout le monde connait le President Mwai Kibaki, il y a une portion
de la population, en particulier celle vivant dans les zones rurales qui
n’a pas accès au langage des signes, et qui ne savent ni qui il est, ni
qu’il existe.
Ils ne l’ont jamais
vu à la télévision et ne peuvent pas non plus lire les journaux ou écouter la
radio. Par conséquent, à moins que le
président ne voyage à travers le pays avec un interprète et se présente, cette
portion de la population ne le connaîtra jamais.
Prenez Charity Ngilu, par
exemple. Quelques personnes sourdes de
la ville ont peut être vu sa photo des centaines de fois dans les journaux ou à
la télévision montrant à son audience comment utiliser les préservatifs. Mais à moins qu’un expert en langage
des signes explique qui elle est et ce qu’elle fait, le ministre de la
santé pourrait bien être n’importe qui.
Le manque
d’information de base est tellement grave pour la communauté
non-entendante que la campagne de sensibilisation au SIDA n’a eu que très
peu d’impact.
Cette pauvreté
d’information est ce qui a incité Mwikali à s’intéresser à la
campagne de sensibilisation au SIDA.
Mwikali: “J’ai
vu de nombreuses personnes sourdes mourir de maladies liées au SIDA, et souvent
elles ne savaient même pas ce qui les avaient frappées. Le message sur le SIDA doit toucher la
communauté des non-entendants. Le mot
SIDA n’existe pas encore en langage des signes Kenyan, et nous devons en
créer un aux fins de cette publicité.”
C’est ce dont
s’est chargé le Programme Educatif du Centre National des Non-Entendants
Séropositifs du Kenya, subventionné par le Conseil National du Contrôle du
SIDA. L’Association pour les
Sourds de Nairobi a publié des documents sur le SIDA.
Les personnes
non-entendantes ont besoin d’aides visuelles pour la campagne contre la
séropositivité, mais aucune de ces aides n’a encore été développée au
Kenya, et il n’y a pas non plus d’information sur le SIDA pour les
personnes non-entendantes dans les institutions éducatives. En fait, le langage des signes décrivant la
sexualité n’a été développé que l’année dernière.
Mwikali explique que les
personnes non-entendantes hésitent à aller à l’hopital même quand elles
sont très malades parce qu’elles ont besoin d’un interprète qui
peut leur demander jusqu’à 1000 shillings de l’heure. Quelque fois les files d’attentes sont
longues et elles doivent attendre pendant des heures, surtout dans les hôpitaux
publics.
Les frais
d’interprète vont au delà de ce que beaucoup de gens peuvent se
permettre, alors ils se tiennent a distance ou choisissent l’option la
plus simple: l’auto-diagnostique et l’auto-médication.
Mwikali remarque que la
plupart des personnes non-entendantes ont des emplois qui ne rapportent pas
beaucoup.
“Pour la plupart,
ils sont nettoyeurs, menuisiers, vendeurs de bonbons ou employés
d’hôpitaux qui poussent les chariots ou rangent les médicaments dans les
placards.”
Commentaire photo: Susan
Mwikali fait le signe: “SIDA”
(Suite page suivante)
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“Ca n’est pas
parce que nous sommes paresseux ou parce que nous ne pouvons pas faire des
études universitaires. Nous sommes
incapacités par l’insensibilité du gouvernement qui ne nous offre pas
l’environnement qui nous permettrait de faire des études. Jusqu’en 1999, les personnes
non-entendantes avaient un cursus éducatif qui ne leur permettait d’aller
que jusqu’en troisième, apres quoi le Ministère de L’Education les
envoyait dans des écoles techniques pour poursuivre des études
non-universitaires. Le cursus du langage des signes enseigné dans les
universités ne forme que les personnes entendantes à traduire.
“Comment voulez-vous
former une communauté entière et décider qu’ils sont tous orientés vers
la technique” demande Mwikali en riant de l’absurdité de la chose.
Elle demande “Et que fait-on de ceux qui sont doués pour devenir avocats,
docteurs ou secrétaires? Qu’est ce
qu’on est supposé faire avec toute notre intelligence? Vendre des bonbons?
Un autre facteur qui
décourage les personnes non-entendantes d’aller à l’hôpital et aux
centres VCT est l’atteinte à la vie privée. Une personne non-entendante avec une maladie
sexuellement transmissiblese sent souvent humiliée, par exemple, surtout
pendant l’examen médical, alors que l’interprète facilite la
communication avec le médecin.
Les sujets qui touchent à
la sexualité sont privés et les individus se sentent psychologiquement
vulnérables. Ils ont peur que
l’interprète ne divulgue leur condition de santé.
Mwikali explique que son
expérience de conseillère lui a appris que lorsqu’une personne
non-entendante est diagnostiquée séropositive, l’interprète ne lui révèle
généralement pas les résultats. Elle ne
prend conscience de leur état que par les ouï-dire de la communauté des
non-entendants.
Elle explique: “même
parmi les personnes non-entendantes, il y a un stigma attaché au SIDA. A cause du manque d’information, nous
sommes toujours au stade initial de la prise de conscience. Personne ne sait vraiment ce qu’est la
maladie, tout ce que nous savons c’est que c’est une étrange malédiction.”
Mwikali est fière
d’avoir tourné le clip publicitaire avec la Première Dame.
Madame Kikaki:
“C’est un domaine de la sensibilisation au SIDA qui a été
négligé. Je suis très heureuse de
travailler avec Mwikali et de faire une différence dans la campagne de
sensibilisation au SIDA auprès de la communauté des non-entendants.”
Aller à: http://allafrica.com/stories/200401140005.html
pour la version intégrale de l’article
L’Information est le pouvoir: Une enquête
globale sur la séropositivité et le SIDA
Dans les années passées,
Judy Heumann, Conseillère spéciale pour les Handicaps auprès de la Banque
Mondiale, s’est unie avec deux alliés puissants pour entreprendre une
enquête sur la séropositivité et le SIDA dans les populations handicapées—
Nora Groce de l’Ecole de Santé Publique de Yale, et Debrework Zewdie,
Directrice du Programme Global de la Banque Mondiale. Le résultat de leur commun effort: une
enquête à l’échelle globale fut distribuée à plus de 3000 organisations,
défenseurs et activités en Juillet 2003, et a généré des centaines de réponses
dans 57 pays. Alors que la collection et
l’analyse de l’enquête est toujours en cours, les résultats
provisoires signalent les points suivants:
Selon Heumann, ces
résultats préliminaires des études de Yale et de la Banque Mondiale démontrent
que les personnes handicapées peuvent et devraient être intégrées dans tous les
programmes et les services séropositivité/SIDA.
Une grande partie de ce travail peut être effectué avec très peu ou même
aucun frais supplémentaire; d’autres programmes nécessitent quelques
légères modifications pour devenir considérablement plus intégrants. Des mesures ciblées sur les handicaps seront
aussi nécessaires pour atteindre quelque uns des sous-groupes au sein de la
population. Elles peuvent être
justifiées par le biais du développement économique ainsi que par le biais des
droits humains. Un modèle
d’intervention en trois étapes est proposé pour faire en sorte que les
personnes handicapées seront touchées par les programmes
séropositivité/SIDA. Des recherches
étendues, et des programmes cliniques et éducatifs augmentés sont fortement
encouragés.
Si vous êtes intéressés et
voulez-vous joindre à cet effort, veuillez contacter Dr. Groce a : Nora.Groce@yale.edu. Pour plus d’information sur la Banque
Mondiale et les handicaps allez à: www.worldbank.org/disability.
Extraits reproduits avec
la permission de la Banque Mondiale
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Il est temps de répondre aux besois des enfants
handicapés
Extrait de Africa News, 7
Janvier, 2004.
L’année 2004 devrait
être décrite par les gouvernments nationaux à travers le continent africain
comme étant l’année de rédaction des lois qui garantissent le droit des
enfants handicapés à une éducation equitable, ainsi que l’année où
l’on va finalement mettre en pratique les politiques qui changeront les
choses dans les salles de classes.
La nécessité d’ un
effort collectif de cette ampleur ne fut jamais plus grande, comme en
témoignent les réalités auxquelles ce groupe d’enfant oublié, souvent
abandonné, exclu et victime de discrimination doit faire face. Cependant, alors que presque toutes les 54
nations africaines ont exprimé, sur papier, leur engagement vis à vis des
objectifs d’une Education Pour Tous (EPT) en 2015, et en particulier pour
les filles, très peu de pays ont des lois et des politiques effectives qui
permettent l’allocation des ressources indispensables pour
l’éducation des enfants handicapés dans des salles de classe normales.
Selon les données les plus
récentes, par exemple, on peut compter sur les doigts d’une main les pays
qui ont des mesures législatives et des politiques effectives focalisées sur
les besoins spécifiques des enfants handicapés, même lorsque ceux-ci sont dans
des lieux spécialisés. L’Algérie,
le Cap Vert, la Tanzanie, et la République démocratique du Congo (DRC) ont des
lois qui définissent les domaines des handicaps et qui décrivent les conditions
et les maniéres dont les enfants handicapés doivent être éduqués.
Cependant, d’autres
pays se reposent encore sur une législation dans le domaine de
l’éducation qui mentionne à peine l’éducation des enfants
handicapés . De plus, les politiques qui
mentionnent les besoins éducatifs spécifiques sont souvent vagues et
n’indiquent pas la marche à suivre ou quelles ressources doivent être
allouées pour les tâches à accomplir.
Par conséquent,
l’éducation des enfants handicapés est laissée au bon vouloir des
organisations non-gouvernementales, aux organisations caritatives
d’autres pays et aux familles.
Malheureusement, les
familles n’ont souvent pas les ressources nécessaires pour offrir une
éducation à tous les enfants, alors ils privilégient les enfants qui ne sont
pas handicapés et laissent les autres se débrouiller tout seuls. Livrés à eux mêmes, les enfants handicapés
font face à des obstacles insurmontables tels que la discrimination enracinée
dans l’ignorance, exercée contre eux par le reste de la société. Cependant, il y a de nombreuses raisons pour
mettrel’intégration des enfants handicapés au sommet de la liste des
priorités nationales cettte année.
Tout d’abord, il y a
13 ans que l’Education pour Tous, une initiative de l’UNESCO lancée
à la conférence de Jomtien en Thaïlande, 9 ans que la Déclaration de Salamanque
fut rédigée en Espagne, et trois ans que les principes affirmés à Jomtien
furent réaffirmés au Forum Mondial de l’Eduation à Dakar, au Sénégal en
Avril 2000.
L’un des six
objectifs adoptés à Dakar affirmait que: “l’intégration des enfants
ayant des besoins spéciaux, de ceux provenant des minorités ethniques et des
population migrantes, ceux provenant de communautés lointaines et isolées et
des taudis des villes, ainsi que tous ceux qui sont exclus du système éducatif,
doivent être considérés comme faisant partie intégrante des stratégies pour
réaliser l’Education Primaire Universelle (EPU) en 2015.” En d’autres termes, Dakar, comme toutes
les conférences précédentes, reconnait qu’une société ne peut progresser
que lorsque des mesures sont prises pour le bien être et la contribution des
personnes handicapées.
Commentaire photo: Enfants
handicapés au Nigéria
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L’Education qui intègre: Le Cas de
l’Ouganda
Par Kisten Kristensen, Psychologue, Consultante
pour l’Education, le Développement et les Besoins Spéciaux.
Kurt Kristensen, Médecin, Consultant pour
l’Education, le Développement et les Besoins Spéciaux.
Negris Onen, Agent de l’Education Principale,
Ministère de l’Education et des Sports.
L’éducation pour
ceux qui ont des difficultés à apprendre et à se développer, dont les handicapés,
a connu des changements majeurs pendant les dix dernières années dans certains
pays d’Afrique. Les changements
n’ont pas seulement contribué à améliorer et à enrichir la vie des
enfants handicapés, ils ont également intensifié les expériences d’apprentissage
de tous les enfants.
Dans les dernières
années, des tentatives ont été faites en Ouganda pour rendre l’éducation
accessible à TOUS les élèves. Afin que
le système éducatif promeuve un apprentissage efficace pour TOUS ceux qui apprennent,
dont les personnes handicapées, il est impératif que le système soit bien
structuré et mis en place dans un environnement scolaire qui intègre. Actuellement, des services s’adressant
aux besoins spéciaux et des services de soutien établis en Ouganda répondent
aux besoins de presque toutes les personnes ayant des difficultés à apprendre
et de développement qui viennent pour apprendre quelles que soient la nature de
ces difficultés. Quelques rares
exceptions persistent: ceux qui ont des handicaps sévères et les
non-entendants.
Le programme
d’éducation pour les élèves ayant des besoins spéciaux est intégral au
budget, aux structures administratives et aux processus de planification du
Ministère de l’Education et des Sports (MES) de l’Ouganda, que ce
soit au niveau départemental ou au niveau national. Au niveau
national, l’éducation qui intégre les besoins spéciaux est
décentralisée vers les départements.
Seule la direction technique et administrative reste sous la
responsibilité du Commissaire responsable de l’éducation qui intègre les
besoins spéciaux du bureau central du MES.
Au niveau des départements,
l’éducation des élèves ayant des besoins spéciaux est sous la
responsabilité de l’Officier de l’Education des Districts. Chacun des 56 départements en Ouganda
comprend un bureau pour l’éducation qui intègre les besoins spéciaux (Education qui intègre les Besoins Spéciaux/Evaluation
des Services Educatifs et des Ressources), qui fait partie intégrale du bureau
de l’éducation de chaque département.
Au sein de chaque département, trois enseignants formés spécialement en
tant qu’Inspecteurs Assistants des Ecoles sont responsables de
l’éducation qui prend en compte les besoins spéciaux. Les principales responsabilités de ce personnel sont la planification et la
supervision des services liés aux besoins spéciaux dans les départements, ainsi
que la promotion d’une meilleure compréhension parmi les enseignants, les
communautés, les directeurs locaux, et les parents de ce que signifient une
éducation qui prend en compte les besoins particuliers et une meilleure
intégration.
Pour faire en sorte que
tous les élèves ayant des besoins particuliers aient une éducation pertinente
et de haute qualité dans un environnement educatif intégrant, les 13 000 écoles
d’Ouganda furent réunies en groupes de 15 à 20 écoles. Chaque groupe a un Coordinateur
d’Education comprenant les Besoins Particuliers (CEBP) qui, en plus de
ses reponsabilités en classe, doit aller voir régulièrement les autres écoles
appartenant à son groupe et offrir ses conseils sur la manière
d’enseigner au mieux les élèves ayant des besoins particuliers. Ceci est effectué en collaboration étroite
avec les parents des enfants handicapés et avec les autorités nationales telles
que le Ministrère de la Santé, et le Ministère de la Femme, du Travail et des
Services Sociaux. A présent, seuls
quelques CEBP ont obtenu un diplôme d’éducation comprenant les besoins particuliers. La plupart d’entre eux sont passés par
le processus de formation de trois mois qui leur a permi d’obtenir un
certificat en éducation comprenant les besoins particuliers et facilitant
l’intégration, d’autres font partie de l’Institut National
pour l’Education Spéciale de l”Ouganda (INESO) et
d’enseignement à distance. Le MES
a également un programme considérable qui consiste en cours de courte durée.
Commentaire photo: Un
enseignant du Bostwana aide un garcon aveugle à apprendre à lire le Braille
(Suite page suivante)
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Pour faire en sorte que
tous les élèves ayant des besoins particuliers soient pris en charge, le MES a
décidé d’assigner la responsabilité de l’éducation comprenant les
besoins spéciaux et l’intégration un enseignant par école. Les enseignants désignés font cours dans les
salles de classe normales, et ils doivent également aider les enseignants qui
ont des élèves ayant des besoins particuliers dans leurs classes. Un programme de formation intensif pour ces
enseignants est actuellement en cours.
Chaque pays souhaitant
introduire un système d’éducation intégratif pour tous y compris ceux qui
ont besoin d’équipement et de services adaptés à leurs handicaps, doit
mettre en place une structure administrative bien plannifiée au Ministère de
l’Education ainsi qu’un système d’assistance locale bien
structuré qui puisse aider TOUS les élèves dans un système scolaire
intégratif. C’est la qualité du
système de soutien qui déterminera l’ampleur des résultats que nous pouvons
obtenir par l’éducation qui intègre en Afrique.
Références
Kristensen Kurt
(2002). Est-ce que la perspective
scandinave sur l’Education intégrative peut être mise en place dans les
pays en voie de développement?
Intégrer
les enfants handicapés en Afrique du Sud: Un regard porté aux services et aux
ressources
Par Barbara Kolucki,
Spécialiste des Enfants Handicapés et des Médias
En Afrique du Sud on
répond aux besoins des enfants handicapés de plusieurs manières, à la fois
uniques et pratiques. En Afrique du Sud,
ca n’ est pas seulement le gouvernement qui est engagé vis à vis de
l’éducation et de l’intégration des enfants handicapés, un nombre
croissant d’organisation non-gouvernementales (NGO) et d’organisme
de presse répondent au problèmes auxquels font face les familles, les écoles et
les communautés. Cet article décrit
quelques unes de ces activités innovatrices, ainsi que les produits utilisés et
les médias.
La Formation et les
Ressources dans l’Education des Très Jeunes (FRETJ) a une longue
expérience qui s’étend des années de l’apartheid jusqu’a
aujourd’hui. Elle est basée dans
la province de Kwazulu-Natal (KZN) mais son impact s’étend dans tout le
pays. Elle apporte son savoir-faire aux
personnes vivant dans les régions les plus éloignées et aux personnes qui en
ont le plus besoin. Elle fabrique des
jouets éducatifs et du matériel de jeu très simple et peu coûteux. Par ailleurs, elle produit et distribue du
matériel scolaire pour ceux qui s’occupent d’enfants qui savent encore
peu lire ou d’enfants handicapés.
Un de ces livrets
s’appelle “Activities for Children with Disabilities.” Le texte est de Lee Hurrell et les
illustrations sont de Jane Mqamelo. Ce
livret permet de démystifier le travail avec les enfants handicapés tout en
offrant des suggestions pratiques simples pour ceux qui sont déjà débordés de
travail. Une des recommandations
figurant dans ce livret par exemple: “demandez-vous toujours si
l’aide que vous pouvez apporter pour réaliser une activité contribue à
améliorer la comprehension de l’enfant, et si votre aide est vraiment
nécessaire.”
(suite page suivante)
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Il y a une section pour
des domaines divers de handicaps: les
retards légers de développement; les handicaps de compréhension sévères; les handicaps
physiques; les handicaps de l’ouïe, les handicaps de la vue, les
difficultés émotionnelles (retrait sur soi ou hyperactivité). A chaque forme de handicap correspondent des
signes, des mot-clefs à se remémorer quand on travaille avec un enfant qui a
une forme spécifique de handicap, et des techniques qui ont fait leurs preuves.
Pour plus
d’information sur (FRETJ, en Anglais TREE) et sur leurs matériels
éducatifs, aller à: http://www.tree-ecd.co.za/tree.htm.
L’Unité de
Ressources pour l’Education des Très Jeunes (URETJ, en anglais ELRU) est
basée à Cape Town, en Afrique du Sud.
Elle est réputée et respectée pour ses projets contre les préjugés qui
aident les enfants à apprendre les uns des autres, à vivre ensemble et à se
respecter mutuellement.
Un des meilleurs livres
et l’un des plus simples qui
soient sur la rencontre entre un enfant handicapé et d’autres enfants est
celui publié par ELRU “A
l’école, et si…”
Écrit et concu par
Reviva Schermbrucker en 2003. Cest un
livre d’histoire raconté en photo avec un texte très simple. Une petite fille, Ncebakazi, commence
l’école. On voit sur une des
photos qu’elle a utilisé des equerres.
Sur les autres photos elle écrit son nom sur ses nouveaux livres et sur
son cartable, elle prépare son matériel scolaire, elle regarde sa mère coudre
l’ourlet de son uniforme. Plus
tard elle demande, “Et si la
maitresse crie tout le temps?” en imaginant une institutrice à cinq
têtes dans un dessin animé! Ensuite elle
demande “Et si les enfants rient de
moi?” Et elle rit avec sa mère en imaginant un autre dessin animé où
elle et tous les enfants rient ensemble “tellement que nos dents jaillissent de nos bouches!” Et une de mes préférées est quand elle
s’inquiète de ne pas pouvoir aller aux toilettes à temps parce
qu’elle ne peut pas marcher ou parce qu’elle ne peut pas marcher
our courir assez vite. Cette fois,
Ncebakazi imagine que le lieu parfait serait une école ou il y aurait des
toilettes partout!
Quand Ncebakazi va
vraiment à l’école, elle découvre que toutes les choses dont elle avait
peur se passent finalement très bien.
L’institutrice parle avec les autres enfants de son handicap,
l’école fait quelques aménagements simples pour qu’il n’y ait
qu’une marche à franchir, elle trouve de nouveaux amis et apprend de
nouvelles choses dont le fait que l’école peut être très amusante!
Un autre livre excellent
publié par ELRU a pour titre, “Un
livre de bienvenue: Une guide pour aider les enseignants à faire participer les
enfants handicapés dans la classe” par Laetitia Brummer. 147 pages c’est un peu moins facile à
lire. Mais il y a des dessins animés et
des symboles pour aider les lecteurs de différentes manières. Les cas sont inspirés de vraies
personnes—certaines handicapées, d’autres non. En plus, le livre décrit les besoins des
enfants ainsi que ceux des enseignants—
une chose qui n’est pas fréquente.
ELRU travaille beaucoup
dans le domaine de l’éducation des tous petits, et c’est pourquoi
elle insiste qu’il faut commencer
par le commencement. ELRU offre son
assistance dans le domaine de la rééducation et des services communautaires
dans un pays où la majorité des gens vit dans des communautés rurales. Il y a de nombreux exemples
d’assistance peu coûteuse (bien que certains enseignants peuvent se
demander comment s’y prendre pour les réaliser) dont retourner des
chaines à l’envers pour constituer un support pour un enfant atteint de
maladie cérébrale et d’autres problèmes physiques.
Contactez ELRU a : http://www.elru.co.za/home.asp pour
plus d’information sur les programmes et les publications.
Le
Centre du Rayon de Soleil
Le Centre du Rayon de
Soleil est une des rares organisations créée pour répondre aux besoins
d’intervention precoces vis à vis des enfants intellectuellement
handicapés ou dont le développement est retardé. Ils ont quatre projets d’intervention
précoce dans la région de Johannesburg, dont la municipalité de Soweto. Ils offrent une formation pour travailler
avec les enfants ainsi qu’une bibliothèque de jouets.
(suite page suivante)
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La majorité des
personnes auxquelles le centre s’adresse viennent des régions pauvres et
rurales de la communauté. Pour répondre
aux besoins spécifiques de ces familles, le Centre du Rayon de Soleil a élaboré
des matériaux d’intervention à la maison— la première initiative de
ce type dans le pays. Maria Longley, la
Directrice de l’Association du
Rayon de Soleil, déclare que ce programme à distance est en train d’être
supervisé. En plus de visites destinées
à motiver les familles, les membres de l’association sont aussi en
contact avec des membres du gouvernement et autres organisations non-gouvernementales,
ils utilisent les médias pour élargir leur influence, et sont à présent en
train d’explorer des moyens supplémentaires de travailler avec la
communauté et avec la radio nationale.
La formation offerte par
le Centre du Rayon de Soleil s’appelle COMMENCER Programme basé à la
maison sur l’intervention précoce et comprend un guide pour les parents
et des questionnaires pour permettre d’évaluer le niveau de
fonctionnement de l’enfant en termes de développement moteur, d’expression
et de comprehension du langage, de capacité cognitive et des activités
quotidiennes. Il ya des cassettes audio
pour l’éducation à distance ainsi qu’un manuel avec de simples
photographies et des descriptions d’activités avec les jeunes enfants.
La Corporation de
Télévision Sud Africaine (CTSA en Anglais SABC) travaille en collaboration avec
le Ministère de l’Education et l’Institut pour la Santé et le
développement sur quelques initiatives visant à intégrer les enfants et les
adultes handicapés dans leurs programmes.
Takalani Sesame est une co-production avec l’Atelier Sesame basé aux Etats
Unis. En plus des segments implicites ou
explicites qui parlent des handicaps, un élément très important est leur
programme d’influence, qui comprend des matériaux supplémentaires pour
les membres des communautés.
L’objectif de ce programme est d’étendre l’utilisation
et l’impact des seeries télévisées. Des enfants handicapés figurent sur
les posters et les livres pour les très jeunes.
Dans un livret qui
s’appelle “allez on
bouge!” la marionnette Moshe
pousse un petit garcon heureux et en bonne santé dans son fauteuil roulant,
suivi par d’autres enfants et des marionnettes qui courent, qui jouent et
qui “bougent”. Sur un grand poster qui pourrait être utilisé
dans une école primaire ou dans un centre communautaire, on voit une scène de
communauté qui représente des couleurs variées, différentes religions,
professions, ages et handicaps. En plus
des enfants et des adultes handicapés, un des personnages les plus populaires
est Kami, une marionnette adorable qui est séropositive. Dans un autre livret “Regardes moi” on voit des
illustrations d’enfants qui peuvent faire beaucoup de choses pour
s’aider eux mêmes et pour aider les autres. Ceci comprend les enfants avec des handicaps
temporaires ainsi que permanents. Tous ces matériaux sont en plusieurs langues
(Anglais, Zulu, Africaans, Sesotho et Xhosa).
Soul Buddyz est une série très populaire pour les enfants plus agés, qui parle de
problèmes difficiles ou délicats. La série a une équipe d’acteurs qui
jouent une histoire dramatique, et qui aide les téléspectateurs à réfléchir sur
des sujets tels que le racisme, la xénophobie, les difficultés scolaires,
l’usage de la drogue, la séropositivité et le SIDA, la justice, etc. Cette série télévisée a également un élément
d’influence sur les communautés et de nombreuses publications pour les
enfants, les enseignants, et les parents.
Dans un Guide pour les Parents, les lecteurs apprennent comment identifier
diverses difficultés scolaires et de choses que les parents peuvent faire pour
aider leurs enfants. Il comprend aussi
un message d’espoir—que les enfants ayant des difficultés scolaires
peuvent réussir, si on les aide et si on leur prête assez attention, si on ne
les compare pas avec les autres et si on les intègre.
Soul City
est une série télévisée pour les adultes qui traite des sujets les plus
pertinent et les plus sensibles d’Afrique du Sud. On y a montré des handicapés, et des
publications très intéressantes pour le public ont été tirés de cette
série. Une des livrets les plus utiles
s’appelle “les droits des handicapés…sont des droits
humains”. Le livret parle de la
valeur de chaque personne—en tant qu’être humain et en tant que
membre de la communauté. Il enseigne au
gens les nouvelles terminologies plus appropriées et démystifie les
handicaps. Il comprend également des
études de cas sur des personnes réelles (par contrast avec les super-héros) et
une liste d’organisations et de ressources où les individus et leurs
familles peuvent s’addresser lorsqu’ils sont en difficulté. Le livret compred des images qu’on voit
moins souvent—une mère ayant un seul bras et portant son bébé, un enfant
dont le corps est défiguré, des personnes utilisant le langage des signes et
des toute petites personnes. Une des
forces supplémentaires de ce livre est qu’il montre ouvertement et
simplement les violences physiques, sexuelles et émotionnelles vis à vis des
personnes handicapées.
Pour plus
d’information su SABC et l’éducation, aller à: http://www.sabceducation.co.zal.
Entreprendre
en Ethiopie
Par Bob Ransom,
Spécialiste des Handicaps, Département de développement du Savoir Faire. Organisation internationale du Travail,
Genève.
(Photo—Ayelu Basha Bedasa)<